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Pourquoi la banane la plus chère du monde continue de faire trembler le monde de l’art ?

Publié le

par Lise Lanot

L’artiste Maurizio Cattelan avait vendu sa banane scotchée à un mur pour 120 000 dollars.

Pourquoi la banane la plus chère du monde continue de faire trembler le monde de l’art ?

© Louis Hansel/Unsplash

Elle avait ébloui et énervé une partie du monde pendant l’édition 2019 de la foire Art Basel Miami en étant vendue 120 000 dollars, alors qu’elle n’était qu’une banane scotchée à un mur. Une sorte de réactivation de la Fontaine de Marcel Duchamp et un commentaire sur la façon dont les êtres humains donnent des valeurs arbitraires à des objets, comme le notait l’artiste à l’époque.

Depuis la foire floridienne, cette œuvre-banane intitulée Comedian, de Maurizio Cattelan, continue de faire parler d’elle. En mai dernier déjà, un certain Daniel Druet réclamait la paternité des œuvres de Maurizio Cattelan. Ce mois-ci, c’est l’artiste Joe Morford qui veut sa part du gâteau (ou de la banane, enfin, vous suivez, tout l’art contemporain semble avoir la dalle), rapporte Design Taxi.

En juillet 2015, Joe Morford publiait sur son compte Facebook (oui, on était en 2015, on a dit) une photo de son œuvre Sculptures: Still Life où l’on voit une banane et une orange, chacune scotchée à un fond vert grâce à un large morceau de ruban adhésif gris. Difficile effectivement de ne pas faire le rapprochement avec la banane star de Maurizio Cattelan.

Joe Morford a déposé une plainte contre l’artiste italien, plainte que ce dernier a tenté de renvoyer. Le juge en charge de l’affaire a refusé, estimant que les similarités entre les deux œuvres étaient bien trop évidentes.

Une banane en justice

Maurizio Cattelan avait commencé par vigoureusement nié tout plagiat. Il a désormais modifié ses déclarations, note The Art Insider, pour affirmer qu’il n’avait aucune “connaissance préalable” des œuvres de Joe Morford. Les avocat·e·s de la défense ont également argué que la banane de leur client avait été exposée avant que Joe Morford ne protège ses œuvres par copyright – ce qui protégerait Maurizio Cattelan de toute notion d’infraction au copyright.

L’affaire est toujours en cours et la banane la plus chère du monde n’a donc pas fini de faire parler d’elle. Ces procès ajoutent une pièce à la machine de l’incessant débat entourant les spéculations du marché de l’art contemporain et la valeur de l’art.

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