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Un artiste invite son public à… frire des drapeaux américains

Publié le

par Lise Lanot

Et on vous explique pourquoi.

Un artiste invite son public à… frire des drapeaux américains

© Kiyan Williams/Lyles and King, New York/Photo : Charles Benton

Un peu de paprika, de la farine, de l’huile mais aussi un drapeau étoilé monté sur une structure en fer : c’est la recette de l’artiste Kiyan Williams – sans doute pas pour un petit-déjeuner épicé – mais pour interroger l’histoire états-unienne.

Le 30 mai 2022, tandis que, comme tous les derniers lundis de mai depuis la fin du XIXe siècle, les États-Unis célébraient le Memorial Day, ce jour férié qui rend hommage aux personnes qui sont mortes au combat pour les États-Unis d’Amérique”, Kiyan Williams faisait frire des drapeaux à l’entrée de son exposition “Un/Earthing”, à New York.

© Kiyan Williams/Lyles and King, New York/Photo : Charles Benton

L’artiste fait frire des drapeaux depuis 2020. Lors du Memorial Day, le public de la galerie Lyles & King a eu l’occasion de cuisiner des drapeaux à ses côtés, grâce à leurs épices favorites et leurs traditions culinaires, venues de différents États du pays ou d’autres nations, note Artnet.

Kiyan Williams a expliqué avoir commencé à envisager la cuisine comme une extension de sa pratique artistique lors du premier confinement, durant lequel il cuisinait à distance avec ses proches afin de garder le cap dans la solitude.

© Kiyan Williams/Lyles and King, New York/Photo : Charles Benton

Interroger identités et relations au drapeau

Lorsqu’il transforme des drapeaux, véritables symboles d’identité nationale”, décrit la galerie, c’est bien pour interroger la notion même d’identité, et plus précisément les identités plurielles et la façon dont ces dernières peuvent être meurtries aux États-Unis. Ce projet participatif est une “œuvre de pratique sociale” qui incite les volontaires à questionner leur identité et leur relation au drapeau. De plus, ces dégradations infligées aux drapeaux mettent en lumière les violences commises par le pays et son armée.

Ces œuvres sont accompagnées de sculptures faites de terre et d’acier, grandes de près d’1 mètre 80, qui interrogent notamment “les liens entre le fait d’être noir·e, la terre et la subjectivité transgressive”, précise la galerie. Avec ses œuvres plastiques et contemporaines, Kiyan Williams propose un travail modulable de redéfinition du particulier et du collectif.

© Kiyan Williams/Lyles and King, New York/Photo : Charles Benton

© Kiyan Williams/Lyles and King, New York/Photo : Charles Benton

Vous pouvez retrouver le travail de l’artiste Kiyan William sur son site et sur son compte Instagram. L’exposition “Kiyan Williams: Un/earthing” est visible au Lyles & King de New York jusqu’au 25 juin 2022.

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