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La statue d’un colon allemand déboulonnée ira au musée

Publié le

par Konbini avec AFP

Dans la capitale de la Namibie, une statue a été déboulonnée pour devenir un objet mieux contextualisé et exposé dans un musée.

La statue d’un colon allemand déboulonnée ira au musée

© Martha Mukaiwa/AFPTV/AFP

La statue controversée d’un colon allemand, placée haut sur un piédestal face à des bâtiments municipaux de Windhoek, la capitale de la Namibie, a été retirée mercredi pour devenir un objet de musée, a-t-on appris de sources concordantes.

Le monument commémorait Curt von François, un commissaire de l’armée sous la domination allemande dans ce pays d’Afrique australe, à qui l’on attribue la fondation de Windhoek, ce que des activistes locaux·les ont contesté, mettant la pression sur la municipalité pour la faire disparaître de l’espace public.

La statue représentant la figure en pied de cet officier coiffé d’un chapeau à large rebord, aux moustaches opulentes et en veste militaire, une épée dans une main, a été enlevée par une grue. “Ce moment est un rappel à la dignité, notre ville a été purgée”, a commenté auprès de l’AFP Hildegard Titus, militante du groupe A Curt Farewell qui s’est mobilisé pour son déboulonnage. Au-delà de l’émotion, “il s’agit aussi d’exactitude historique”.

La municipalité a précisé qu’elle serait conservée au Musée de la Ville de Windhoek, où elle sera exposée avec une explication de son contexte historique, a précisé son conservateur Aaron Nambadi. Il fallait “corriger le faux récit selon lequel von François était le fondateur de la ville”, a-t-il expliqué à l’AFP.

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En Namibie, l’Allemagne fut responsable de massacres de dizaines de milliers de personnes appartenant aux peuples indigènes Herero et Nama, entre 1904 et 1908. L’an dernier, après d’âpres et longues négociations, Berlin a annoncé reconnaître avoir commis un “génocide” dans ce territoire qu’elle a colonisé entre 1884 et 1915 et promis une aide au développement qui doit profiter aux descendant·e·s des deux tribus. Le mois dernier, la Namibie a demandé à renégocier les termes de l’accord.