On a testé un robot-taxi sans chauffeur, et on a failli rester coincé qu’une seule fois

On a testé un robot-taxi sans chauffeur, et on a failli rester coincé qu’une seule fois

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Par Pharrell Arot

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Et vu que je n'ai pas le permis, c'était la première fois que j'étais seul dans une voiture qui roule.

C’est carré ! Je parle du plan des rues de West Hollywood, au cœur de Los Angeles. De Melrose à Sunset, les boulevards se suivent en doubles voies et angles droits, terrain de jeu parfait pour expérimenter le futur : les voitures électriques sans chauffeurs de la flotte Waymo, des robots-taxis mis en service par la compagnie cousine de Google.

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Repérables de loin, les Jaguar blanches avec leurs capteurs sur le toit sillonnent la ville vers leur prochaine course. Tôt un matin, on a donc testé ce rêve ultime de passenger princess, et pour sensiblement le même prix qu’un VTC, on a booké en quelques clics sur l’appli Waymo notre première ride automatique. Trois minutes plus tard, le véhicule s’avance précisément devant le lobby de mon hôtel. Allez, on grimpe.

@pharrell_arot

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Ceinture attachée sur le siège passager, on a le droit, pour notre première, à un petit rappel de consignes de sécurité. La plus importante : on ne touche pas le volant. N’ayant pas le permis, je n’ai pas l’intention de m’immiscer dans la conduite de notre robot. On me propose de mettre une playlist, et zou, la voiture part. La sensation est simple : c’est effrayant et grisant, à la manière d’un manège à sensation. La solitude de l’habitacle sans conducteur brouille un brin les pistes de mon cerveau reptilien, mais voir Los Angeles défiler à l’aube sur le bord des avenues fait de l’instant quelque chose de poétique quand même.

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« Notre équipe est sur le coup pour vous faire repartir »

Alors que le taxi se dirige vers Runyon Canyon Park juste au-dessus d’Hollywood Boulevard où je me rends pour une petite randonnée matinale avec la vue sur la ville (oui, j’ai contemplé l’hypocrisie de prendre un taxi pour aller marcher), à une intersection, c’est le bug. Un petit coup de frein, les warnings, et me voilà coincé à une intersection. Sur l’écran du tableau de bord, un message « Our team is working to get you moving ». Une petite minute (qui, je dois l’avouer, paraît un brin plus longue) et on est reparti.

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Arrivé à destination une dizaine de minutes plus tard, la voiture se gare sur le bas-côté et la voix de synthèse du véhicule me rappelle de ne rien oublier avant de débarquer. Je descends, toujours avec cette sensation de fin de manège dans un parc d’attractions, et je dis au revoir à mon copain robot du jour. Lui, il ne sait pas que je n’ai pas le mi-per ou que j’ai une note vraiment honteuse sur Uber et je lui prête presque des sentiments alors qu’il s’éloigne au coin de la rue. La ride m’aura coûté une vingtaine de dollars, et pas besoin de rajouter de tips.

On ne sait pas si Waymo finira par débarquer de notre côté de l’Atlantique, tant la conduite et la largeur des routes demande sans doute un peu plus de sang de pilote dans la carte-mère. Mais toucher du doigt une forme de futur est toujours une expérience grisante. Surtout, à titre perso, ça veut dire que je n’ai plus besoin de passer le permis, non ? 

Les taxis autonomes Waymo sont, à l’heure où l’on écrit ces lignes, en service à Los Angeles, San Francisco, Phoenix et Austin. Ils sont aussi en phase de test à Tokyo.