3 raisons de filer voir “Animal culte” à Confluences, l’expo qui passe au crible nos relations aux animaux

3 raisons de filer voir “Animal culte” à Confluences, l’expo qui passe au crible nos relations aux animaux

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© musée des Confluences – Odette Bernezat

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Par Pauline Allione

Publié

Rendez-vous jusqu’au 15 août 2027 pour une expo aussi riche que nécessaire.

Si on vous dit relations entre humains et animaux, vous pensez sans doute aux chiens et aux chats, ces animaux domestiqués qu’on considère, une fois qu’ils arrivent chez nous, comme nos enfants. Avec « Animal culte », le musée des Confluences, à Lyon, pousse la réflexion plus loin, et s’il aborde évidemment la question des animaux de compagnie, met aussi en lumière les rapports de domination, les récits attachés aux animaux de par le monde, les origines de la cause animale… Vous l’aurez compris : un sujet infiniment riche, dont Confluences s’empare par le biais d’une exposition d’ampleur sur nos relations pratiques et symboliques aux animaux.

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L’exposition, qui mêle plus de 330 objets ethnographiques et spécimens d’histoire naturelle venus du monde entier, mais aussi des œuvres d’art, est visible depuis le 16 octobre dernier et jusqu’au 15 août 2027. D’ici là, on vous file trois bonnes raisons d’aller faire un tour à Lyon, entre les murs du musée Confluences – en plus de la géniale scénographie qui invite le public à se mettre dans la peau d’un animal captif dans un zoo.

Parce que vous avez, peut-être, un animal à la maison

Et que dans ces cas, la question du bien-être animal ne vous laisse sans doute pas insensible. ll est d’ailleurs intéressant de mettre en parallèle nos liens affectifs avec nos animaux de compagnie et la façon dont on considère d’autres espèces. Le magazine le 1 Hebdo consacrait d’ailleurs son numéro de septembre 2026 aux animaux et interrogeait pour l’occasion la chercheuse en sciences de l’information et de la communication Coline Reille : « Il existe une dualité entre les relations affectives très fortes que l’on peut avoir avec nos animaux domestiques, notablement le chat et le chien, et les rapports de pouvoir et de domination qu’on ne cesse d’exercer sur eux. Biologiquement, il s’agit de la production et de la sélection raciale ; d’un point de vue social, de tout le travail d’éducation et d’adaptation à un monde humain qui n’est pas toujours fait pour eux. »

Un parallèle d’autant plus intéressant quand on sait qu’il n’est pas rare de voir des chiots dans des poussettes au Japon ou au Canada, que l’on peut offrir un anniversaire hors de prix à son chien à Londres ou à Paris, marier ses animaux aux États-Unis…

Travaux de débardage du bois dans le nord-est de l’Inde, 2009. © Nicolas Lainé (IRD)

Parce que les animaux nous accompagnent depuis l’enfance

Entrez dans un magasin de jouets pour enfants et vous verrez : les figurines et peluches à l’effigie d’animaux sont partout. Les bêtes à poils, à plumes ou à écailles entrent très tôt dans la vie des enfants, que ce soit par le biais de la matérialité ou par les contes et fables, dans lesquelles les animaux servent à délivrer une leçon de morale. Lorsqu’ils arrivent en chair et en os dans les foyers, les animaux de compagnie permettent aussi de transmettre des valeurs sociétales, et à développer le soin et l’empathie de l’enfant.

Pour les enfants touaregs, recevoir un animal sert par exemple une fonction bien précise : « Dans le désert du Sahara, élevage et nomadisme constituent le fondement de la vie économique et sociale des Touaregs. Dans le Hoggar, il est fréquent d’offrir aux fillettes une chèvre, augure d’un grand troupeau à venir, tandis que les garçons apprennent très tôt à imiter le dromadaire pour se préparer à diriger l’animal. Nouer une relation avec ces animaux inscrit pleinement les enfants dans leur communauté », développe Confluences.

Dessin sur calque pour le livre pour enfants Flix – Baptême du petit Flix, qui se révèle être un chien, 1997, Tomi Ungerer. Diogenes Verlag AG Zürich, éditeur. Musée Tomi Ungerer – Centre international de l’Illustration, Strasbourg. (© Musées de la Ville de Strasbourg / Diogenes Verlag AG, Zürich / Tomi Ungerer Estate)

Parce que l’expo propose aussi d’autres manières de partager le monde

La cause animale et ses origines sont évidemment au programme de « Animal culte », mais après avoir abordé les multiples formes d’exploitation des espèces animales, de la chasse à la pêche en passant par la production de soie et la taxidermie, place aux solutions. Il s’agit dès lors de s’intéresser aux discours des scientifiques et philosophes sur les façons d’habiter le monde, mais aussi de puiser dans les expériences d’autres sociétés.

À titre d’exemple, Confluences raconte : « Dans tout l’hémisphère Nord, le castor est l’un des plus grands transformateurs de son environnement après l’humain, ses barrages produisant des paysages terrestres et aquatiques féconds, plus verts et plus résilients au changement climatique. Hydrologue et botaniste, il possède le pouvoir de revitaliser la nature. S’il a longtemps été chassé pour sa fourrure, son expertise est désormais attendue pour restaurer les fleuves, les rivières et les écosystèmes qui en dépendent, mis à mal par une exploitation intensive. » Une anecdote parmi d’autres à retenir de « Animal culte », une expo qui est allée chiner aux quatre coins du monde pour dresser un état des lieux de nos relations avec les espèces animales et dessiner les horizons d’un monde habité plus justement.

Ashitaka soulage sa blessure démoniaque, 2022. Tissage : Atelier Tapisserie Guillot Aubusson. D’après Princesse Mononoké d’Hayao Miyazaki, © 1997 Studio Ghibli. (© Cité internationale de la tapisserie, Studio Nicolas Roger)

Carte réclame Le dénicheur de nid, entre 1877 et 1893 . Bouillon-Rivoyre, éditeur ; Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Marseille (© Mucem)

L’exposition « Animal culte » est à retrouver au musée des Confluences, à Lyon, jusqu’au 15 août 2027.

Konbini, partenaire du musée Confluences.