La récente annonce de la venue de Bad Bunny en France a suscité énormément d’excitation et d’engouement. Ses trois concerts à venir ont réuni une file d’attente en ligne de plus de 500 000 personnes, soit largement plus que ce que les salles (Vélodrome et Paris La Défense Arena) peuvent accueillir, créant de nombreuses désillusions et débats. Certains internautes crient au scandale, dénonçant la hype autour de ce genre de concerts qui pousse un public moins « fan » à acheter des places au détriment d’une fanbase plus forte qui se sent alors délaissée, trahie, frustrée, malchanceuse, injustement privée d’un moment important…
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Les shows de Bad Bunny ne sont évidemment pas les seuls à avoir mis en lumière ces questionnements, on peut parler des concerts de Taylor Swift, Jul ou encore Ninho, concerts durant lesquels les anciens classiques des artistes ne sont pas chantés par toute la foule, ce qui rend fous de rage les aficionados de la première heure. Mais faut-il vraiment tout connaître sur le bout des doigts pour kiffer un concert ?
@aallss.59 Rendez vos place 🫴🏼#pourtoii #jul #stadedefrance @Jul ♬ son original - 𝐀𝐃𝐄𝐓𝐏ꨄ
La demande pour les concerts augmente, c’est un fait chiffrable que l’on observe partout. Pour ce qui est de Bad Bunny, le boycott qu’il exerce aux États-Unis a sûrement poussé une partie de son public américain à venir en Europe pour voir le Porto-Ricain sur scène. 20 Minutes rapporte que lors des concerts de Taylor Swift à Paris, environ 9 000 Américains étaient présents chaque soir. Les concerts étant moins chers en Europe, la différence de prix en ajoutant billets d’avion et hôtel par exemple se fait moins ressentir. Faut-il interdire aux internationaux de se déplacer pour laisser sa place aux habitants du pays dans lequel passe l’artiste ? Non, il faut faire avec, tout comme le public fan absolu doit faire avec un public plus récent, cela a toujours existé dans les concerts d’envergure et à dimension ultra-populaire.
La notion de mérite ne peut entrer en compte dans la sélection du public, cela serait irréalisable et surtout injuste dans l’autre sens (en fait, c’est malheureusement toujours injuste), celui de se déplacer pour voir un artiste que l’on écoute depuis peu et que l’on est curieux de voir sur scène. Il ne faut pas oublier qu’un concert est, pour l’artiste, un autre bon moyen de faire entrer frontalement un nouveau public dans sa fanbase, ou en tout cas de fidéliser durablement par sa présence, sa bonne humeur, son énergie, le moment qu’on passe avec lui, les souvenirs que l’on crée… Il n’y a pas de légitimité à se rendre à tel ou tel show, un concert se doit d’être accessible à tous ceux qui le souhaitent, curieux, fans hardcore, connaisseurs…
Les artistes, pour ou contre ?
Pour autant, certains artistes ont envie de régaler leurs premiers fans, ceux qui se déplacent souvent, qui payent des albums ou des t-shirts, qui streament à fond depuis les 25 000 auditeurs sur Spotify. Bad Bunny, par exemple, a opté pour un raisonnement plus direct pour contrer ce type d’injustice et tenter de contenter tout le monde. On vous explique.
Bad Bunny a annoncé une résidence à Porto Rico, prévoyant 21 concerts sur son île natale à partir du 11 juillet 2025. Premier problème évité, les 9 premières dates sont réservées aux locaux, une décision félicitée par les habitants, évidemment. Deuxième problème évité, pour les autres concerts ouverts au reste du monde, Benito a créé un court questionnaire à remplir pour s’inscrire à la prévente, et ce afin de permettre aux « vrais fans » d’avoir plus de chance d’assister au concert. Une initiative qu’avait déjà lancée le groupe Oasis pour sa tournée. Reste à connaître l’efficacité du questionnaire et s’il aura effectivement permis de réduire l’injustice face à des billets de concert toujours plus rares et convoités, par tous, même ceux qui ne connaissent pas Un Verano Sin Ti par cœur.









