Critique : Mission : Impossible – The Final Reckoning est la quintessence parfaite de la saga, pour le meilleur et pour le pire

Critique : Mission : Impossible – The Final Reckoning est la quintessence parfaite de la saga, pour le meilleur et pour le pire

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(© Paramount Pictures)

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Par Arthur Cios

Publié , modifié

Peut-être les meilleures séquences d'action de la franchise, ni plus ni moins.

Au cours du Festival de Cannes, Konbini vous fait part de ses coups de cœur ou revient sur les plus gros événements de la sélection.

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Mission : Impossible – The Final Reckoning, c’est quoi ?

Il y a presque 30 ans, en 1996, Brian De Palma sortait un excellent thriller d’espionnage, sur fond de complot. Une version cinéma d’une série culte des années 1960, qui est devenue un classique de manière instantanée. Assez rapidement, ce Mission : Impossible devient une franchise, une saga, la meilleure du cinéma d’action contemporain, qui finira par s’uniformiser pour trouver son ADN : Tom Cruise fait des cascades de zinzin.

Une fois passées la suite (mésestimée) de John Woo, puis celle (surestimée, pour le coup) de J.J. Abrams, Brad Bird va donner le ton avec son Protocole Fantôme sur les aventures à venir d’Ethan Hunt : lui, et sa petite équipe, voyagent à travers le monde pour interrompre les plans machiavéliques de grands méchants voulant dominer le monde. 

Depuis 10 ans, et un cinquième volet assez puissant (Rogue Nation), c’est un certain Christopher McQuarrie qui réalise la franchise. Pourquoi ce cinéaste est resté ? Parce qu’il a permis à Tom Cruise de prendre le tournant de carrière qu’il voulait, à savoir faire ses propres cascades, aller de plus en plus loin sur les séquences proposées à l’audience, et le suivre dans ses folies. On n’ira pas jusqu’à dire ce que certaines mauvaises langues insinuent, que Chris est un homme à tout faire pour Tom, parce que les deux semblent assez complémentaires.

Reste qu’après le très bon Fallout sorti en 2018, Cruise et McQuarrie ont « déçu » les fans avec un Dead Reckoning pourtant solide. Un film qui montre la résistance d’un Tom Cruise face à l’IA, seul rempart face à une invention qui bouffe le monde — et donc qui parle clairement de l’industrie du cinéma. Mais il est vrai que le film souffrait du symptôme « Tom-fait-ses-cascades« , avec au cœur du film une séquence de saut à moto d’une montagne où l’on sentait, pour la première fois, que le scénario était guidé pour mener à la cascade, et non l’inverse.

Déception au box-office également, souffrant de la compétition entre Barbie et Oppenheimer sur les écrans IMAX aux États-Unis, la Paramount a modifié le marketing pour que la suite, la seconde partie de cette grande histoire ne soit pas traitée comme telle. The Final Reckoning, épisode final de la saga (normalement), ne sera pas un Dead Reckoning partie 2.

Vraiment ?

Pourquoi c’est bien ?

Même si on comprend la logique commerciale derrière cette opération, le fait est que le film est la suite directe du précédent. Difficile de comprendre tous les enjeux de celui-ci si vous avez raté l’épisode précédent. Et ce malgré le défaut principal du film, que l’on va évacuer d’office : le film est surexplicatif, tout le temps.

Les dialogues servent soit à raconter les enjeux de manière très frontale, comme si on ne comprenait pas nécessairement le plan, ou les conséquences potentielles de ceux-ci, soit à faire monter une tension dramatique — « non, ne te sacrifie pas ; je ne peux pas rester« , bref vous voyez l’idée.

Cela va de pair avec l’aspect pathos, relations entre les personnages, la notion de sacrifice donc, qui est assez naïve par moment. En réalité, cet épisode de conclusion est du Mission : Impossible à son paroxysme, dans le pire comme dans le meilleur. Car si côté dialogues et personnages, c’est plus cliché que jamais, le reste est lui plus solide que jamais.

Déjà sur le fond, ce combat contre la menace IA prend un tournant savoureux. Les États se mordent les doigts d’avoir laissé passer cette machine, personne n’ose reculer et assumer. Et Tom « Ethan Hunt » Cruise, lui, continue à se battre, seul contre l’Entité. Il est le seul à pouvoir l’abattre, il est l’élu. Mais refuse néanmoins de prendre le contrôle de celle-ci, car il ne doit pas être le héros clamé, il doit être dans l’ombre. Ironique, peut-être, quand on sait la place et l’importance qu’a Tom Cruise dans cette industrie. Mais en même temps assez touchant de voir que pour lui, pour eux, maintenir le cinéma en vie ne doit pas être fait grâce à une seule personne.

Sur la forme, on a beau eu des trailers montrant l’importance des séquences sous-marines ou en avion, rien ne laisse présager ce que le film vous réserve. Il fait tout l’inverse du précédent sur comment amener les séquences de bravoure. La séquence sous-marine, qui dure bien 20 minutes, est absolument justifiée par l’histoire, et est un grand moment de cinéma, qui nous a coupé le souffle tout du long. Tendu, maîtrisé, crédible, fou. Pas loin d’être le plus grand moment de la saga. 

Celle en avion est un peu plus écrite, un peu plus « gratos », mais l’action est tellement dingue, et on croit tellement à tout ce qu’on voit, qu’elle nous produit le même effet d’être estomaqué face à des images. C’est d’ailleurs le problème de la saga depuis quelque temps maintenant : les vraies cascades sont tellement dingues, que dès que quelqu’un reproduit la chose en VFX, elle saute aux yeux — vous y penserez avec une scène précise lors du combat en avion, et du sort de Gabriel.

Au final, cet épisode final est à peu près tout ce qu’on espérait voir : de grands moments de bravoure, au service d’un scénario de thriller géopolitique bien tenu, qui raconte quelque chose du monde d’aujourd’hui. Si le prix à porter, c’est de supporter quelques dialogues lourdingues, alors on est prêts à les subir, encore, et encore. Et encore. Surtout parce que l’on ne sait pas la prochaine fois que le cinéma pourra nous offrir un spectacle de la sorte.

Ce qu’on retient : 

L’acteur qui tire son épingle du jeu : en dehors de Tom Cruise, évidemment, on a un peu d’amour envers Tramell Tillman, second rôle des seconds rôles mais qui est le meilleur des seconds couteaux
La principale qualité : Beaucoup trop impressionnant pendant ses séquences
Le principal défaut : Trop cliché et naïf dans ses dialogues
Un film que vous aimerez si vous avez aimé : Les deux derniers Mission : Impossible, tout simplement
Ça aurait pu s’appeler : Mission : Impossible – Final Lap
La quote pour résumer le film : « Cette conclusion est la quintessence de ce qu’est devenue la franchise, pour le meilleur (l’action, le scénario) comme pour le pire (les dialogues). »