Edmund White, icône de la littérature LGBTQIA+, est décédé

Edmund White, icône de la littérature LGBTQIA+, est décédé

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Louis MONIER/Gamma-Rapho via Getty Images

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Par Konbini avec AFP

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Il avait 85 ans.

Figure de proue de la littérature LGBTQIA+, le romancier américain Edmund White, auteur d’Oublier Elena et Nocturnes pour le roi de Naples, est mort à l’âge de 85 ans. « Malheureusement, je peux confirmer qu’Ed (Edmund White) est mort la nuit dernière dans sa maison de New York de causes naturelles », a annoncé mercredi son agent Bill Clegg dans un courriel à l’AFP. Auteur de dizaines de romans, plusieurs nouvelles, articles et essais, il a mis l’homosexualité au centre de son écriture, racontant de manière crue l’intime et la sexualité.

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Né le 13 janvier 1940 à Cincinnati (Ohio), Edmund White est reconnu dès son premier roman Oublier Elena, sorti en 1973. Il sort par la suite le très explicite The Joy of Gay Sex dans les années 70, sorte de Kama Sutra illustré devenu une référence LGBTQIA+ outre-Atlantique, Nocturnes pour le roi de Naples (1978) ou encore L’Homme marié (2000).

Dès ses premiers livres et jusqu’à son dernier mémoire paru en janvier aux Etats-Unis, The Loves of My Life, il raconte les années 1950 où être homosexuel est une maladie mentale jusqu’aux années Sida qui déciment toute une génération. Séropositif depuis 1985, il a subi dans les années 2010 deux AVC et une crise cardiaque. Il est aussi l’auteur de plusieurs biographies consacrées à Jean Genet, un ouvrage qui fait autorité, ainsi qu’à Marcel Proust et Arthur Rimbaud.

« Ami incroyable »

Fasciné par la thématique de l’aveu – il confesse des milliers de partenaires – il se montre à l’inverse pudique dans la vie: « Autant j’aime écrire avec la plus grande crudité et la plus grande franchise », déclare-t-il en 2006 au Monde, « autant je déteste afficher mon intimité en public ».

Ses succès littéraires lui ouvrent les portes d’universités prestigieuses où il enseigne l’écriture et la littérature homosexuelle. Il était marié à l’écrivain Michael Carroll, depuis 2013.

« C’est une bien triste nouvelle. Il n’y avait personne comme Edmund White !… Une polyvalence étonnante dans le style, des sujets audacieux et novateurs, un humour noir, un ami pour tant de personnes depuis des décennies », a réagi sur X l’écrivaine américaine Joyce Carol Oates. Paul Rudnick, auteur et dramaturge américain a lui qualifié l’auteur d’« icône gay », dont les écrits « ont changé et enrichi la littérature américaine ».

En France, le romancier Edouard Louis a loué un « ami incroyable ». « Loyal, généreux, beau, attentionné. Il a toujours soutenu et encouragé comme personne, les jeunes écrivains », a-t-il ajouté.

Le prestigieux prix littéraire Booker Prize, pour lequel il a été dans le jury en 1989, selon l’organisation, a assuré que « son influence sur d’autres écrivains perdurera, comme – dans l’esprit de ceux qui l’ont connu – son sens de l’humour malicieux ».