Pour sa quatrième et dernière saison, Parlement voit les choses en grand (n’importe quoi)

Pour sa quatrième et dernière saison, Parlement voit les choses en grand (n’importe quoi)

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Par Delphine Rivet

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Mais qui va faire tourner la baraque sans les bras cassés, les utopiques et les blasé·e·s de la série française la plus drôle du moment ?

Quand elle a été lancée en 2020 sur france.tv, on émettait quelques doutes sur le potentiel divertissant d’une série sur le fonctionnement du Parlement européen, une institution que l’on connaît finalement très mal, mais qu’on n’associait pas, a priori, avec un bon plateau télé. Quelle erreur ! Dès les premiers épisodes, on était cueillis !

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C’est vrai que Parlement est assez pédagogique dans son approche, mais ça reste — et c’est surtout ça qu’on attend d’elle — une excellente comédie sur l’absurdité de la bureaucratie européenne. L’écriture rythmée et intelligente, et le jeu percutant des acteurs et actrices font le reste. Pour cette saison 4, qui est aussi la dernière, la série imaginée par Noé Debré met le pied sur l’accélérateur. 

Après ses débuts hésitants et emplis d’idéaux au Parlement européen, où la lenteur est reine, Samy, campé par le talentueux Xavier Lacaille, a découvert les dessous de la Commission. Le voyage en absurdie se poursuit en saison 4 avec son arrivée au Conseil, troisième organe de pouvoir de l’Union européenne. C’est ici que les États jouent des coudes, que les égos prennent le dessus plus que nulle part ailleurs, et que les petits jeux se font plus vicieux. Cette vénérable maison a vite fait de recracher sans ménagement les optimistes et les idéalistes.

Cette fois-ci, Samy se retrouve embarqué dans une aventure trop grande pour lui. Sur un malentendu, il pitche une idée un peu folle : créer un FBI des crimes maritimes. Ça sonne super bien, il a même déjà pensé au logo sur le merchandising. Sauf que, comme pour l’interdiction du finning (le fait de couper les ailerons des requins), son projet va se faire rouleau-compresser. Le voilà devenu un pion dans l’énorme partie d’échecs (qui ressemble plutôt par moments à une partie de chat perché) qui se joue entre les différentes délégations.

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De la réunion lunaire que Samy préside et où personne n’est sur la même longueur d’ondes, aux desiderata de sa petite amie Rose (Liz Kingsman) qui viennent se fracasser sur sa carrière balbutiante de journaliste, à l’ambition toujours plus dévorante de Valentine (Georgia Scalliet), Parlement se délecte de ces petits tremblements qui font dérailler la machine tout entière. 

Cette saison 4 va vite. On suit les petites fourmis besogneuses du Conseil presque heure par heure, et ce rythme plus tendu est un délicieux paradoxe quand on sait la lenteur des processus de décision. Parlement ne pouvait pas mieux tirer sa révérence : cette ultime saison est la plus solide et la plus maîtrisée dans son écriture, même si les précédentes ne déméritaient pas.

On sort de Parlement avec un regard très différent sur les institutions européennes, sans doute un brin de cynisme quant à leur efficacité, mais avec aussi une certaine forme de tendresse pour celles et ceux qui les font tourner. Et pour ne rien gâcher, une série qui sait s’arrêter à temps et nous quitte à son apogée, ça force le respect.

La saison 4 de Parlement est à découvrir dès maintenant sur France.tv.