Attention, ce qui suit évoque une affaire d’agressions sexuelles.
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Durant les dernières 48h, vous avez sans doute remarqué sur votre feed, et en particulier sur TikTok, de plus en plus de publications qui évoquaient le film d’Emerald Fennell, Promising Young Woman, sorti en 2020 au cinéma. Le sujet est, hélas, tristement d’actualité : Carey Mulligan y incarne Cassie, une jeune femme qui piège des hommes en prétendant être ivre ou sous l’empire de drogues. Ces derniers profitent alors de l’incapacité de leur victime pour lui imposer des rapports sexuels… jusqu’à ce qu’ils réalisent qu’elle a en fait tous ses moyens.
Le film est souvent érigé en exemple d’une œuvre qui retourne les tropes du « rape and revenge » — un genre dans lequel la quête de revanche de l’héroïne est motivée par un viol qu’elle a subi. Ici, Cassie n’est pas la victime, elle venge la mémoire d’une amie. Le propos du film est malheureusement universel et il ne faut pas chercher bien loin pour trouver des affaires similaires dans la réalité. C’est le cas avec l’affaire dite des « Cornell 7 » qui a bouleversé les États-Unis ces derniers jours.
@film_idiot Recent events reminded of how important this film is (repost because TikTok didn’t like my last caption) #cornell #cornell7 #saawarenes #promisingyoungwoman ♬ original sound - filmidiot
Le 16 septembre dernier, une plainte au civil a été déposée et une enquête a été rouverte pour faire toute la lumière sur la culpabilité de sept étudiants d’une fraternité de la prestigieuse université de Cornell. Ils sont accusés de viol par une jeune femme, dont l’identité a été préservée sous l’alias de Jane Doe. L’affaire a été révélée en 2024 par des étudiants en journalisme qui ont recueilli la parole de la victime présumée et ont publié les noms des sept accusés.
Lors d’une fête dans la maison de leur fraternité, Chi Phi durant laquelle la jeune femme avait consommé de l’alcool et des drogues, ces derniers auraient profité de son état pour abuser d’elle pendant sept heures, invitant d’autres hommes du campus à participer à son viol via un groupe de discussion. Plus d’une cinquantaine d’étudiants était dans ce « group chat » et aucun n’a jugé bon d’alerter qui que ce soit. Aucun n’a essayé d’empêcher ce qu’il s’est passé. Aucun n’a objecté.
Jane Doe avait porté plainte auprès des autorités du campus au moment des faits présumés, mais aucune poursuite légale n’avait été engagée. L’université s’était quant à elle contentée d’exclure certains d’entre eux, d’autres ont été suspendus, mais certains ont eu une réduction de cette peine, déjà à peine symbolique, en rédigeant une dissertation.
Ces derniers jours, la réouverture du dossier a suscité, à juste titre, une vague de réactions sur les réseaux sociaux. Des internautes révolté·e·s publient des vidéos et remettent le sujet du consentement — qui, on le rappel, doit être libre, éclairé, enthousiaste et révocable à chaque instant — sur le devant de la scène. Et pour beaucoup, l’affaire « Cornell 7 », aussi appelée par certain·e·s l’affaire des « Cornell 57 », pour inclure la cinquantaine de complices présumés, rappelle tristement le film Promising Young Woman.
@chaa_pr Je vous conseille fort le film « Promising Young woman » #filmtok #movie #cinema #promisingyoungwoman #cornell ♬ nhạc nền - Plennus
L’histoire se répète, à l’infini : des hommes qui ont « l’avenir devant eux » et dont il ne faudrait surtout pas gâcher le destin tout tracé, la parole des femmes qu’on piétine au profit de la réputation d’un établissement prestigieux, les institutions qui forment un barrage impénétrable autour des accusés, et une victime présumée qui prend perpèt’ quand ces derniers ont à peine droit à une remontrance.
Depuis la réouverture du dossier, et depuis que l’histoire de cette Jane Doe a largement dépassé les frontières de l’État de New York, les recherches pour le film Promising Young Woman ont fait un bond de 100% dans les requêtes Google, souvent associées aux termes « Cornell 7 », « Jane Doe », ou encore « viol collectif ».
Alors, pour voir ou revoir l’excellent Promising Young Woman, un film d’intérêt public qui devrait être projeté dans tous les lycées et universités, c’est sur Prime Video que ça se passe.












