Déjà visé par plusieurs plaintes classées sans suite, le rappeur Lomepal est à nouveau accusé de viol par quatre femmes, selon une enquête publiée par Libération le 17 octobre. Deux d’entre elles témoignent pour la première fois dans la presse. Une nouvelle plainte a été déposée le 1er août, relançant l’affaire.
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Trois femmes avaient précédemment porté plainte pour viol entre 2020 et 2024, mais le parquet de Paris avait classé l’affaire sans suite, estimant que les faits n’avaient pu être « clairement établis » au cours des investigations.
Miranda Starcevic, 32 ans, prend la parole à visage découvert pour la première fois. Elle avait initialement témoigné sous pseudonyme auprès de Mediapart. Elle accuse Antoine Valentinelli, nom civil de Lomepal, d’un rapport sexuel violent et non consenti en mars 2017 à New York. « Je répétais ‘stop’ et ‘non' », se souvient-elle, avant de raconter qu’elle aurait « fixé la couette et attendu que ça se termine ». Sa plainte, classée faute de preuves, décrivait des faits que l’artiste a niés en bloc devant les enquêteurs, les qualifiant de « mensonges ».
Autre témoignage, celui de Raphaëlle*, qui avait 19 ans au moment des faits qu’elle situe en février 2018. Elle affirme que le rappeur a poursuivi un rapport malgré ses refus explicites et qu’elle était visiblement paniquée : « Il s’est jeté sur moi pour m’embrasser. Tout mon corps s’est mis à trembler, j’ai commencé à claquer des dents de façon incontrôlable ». Face aux enquêteurs, il a déclaré ne pas se souvenir précisément des faits, dit être « navré qu’elle ait vécu ça comme ça », mais pensait que puisque « les tremblements s’étaient arrêtés, [ils pourraient] continuer à passer du bon temps ». La plainte de Raphaëlle est, elle aussi, classée sans suite.
Marie*, troisième femme à témoigner, avait déjà pris la parole dans Mediapart. Elle décrit un viol datant de 2017, avant que Lomepal ne soit connu, survenu alors qu’elle entretenait avec le rappeur une relation « ni exclusive ni romantique ». Elle affirme avoir été réveillée en pleine nuit par une pénétration anale non consentie. Lors d’une confrontation judiciaire, l’artiste a nié en bloc, évoquant un récit de « science-fiction ». La plainte de Marie a également été classée sans suite.
La dernière accusatrice, Audrey*, 28 ans, témoigne publiquement pour la première fois. Elle raconte une rencontre en boîte de nuit à l’automne 2018, suivie d’un retour chez elle où, malgré ses refus, le rappeur aurait insisté pour monter, puis l’aurait embrassée alors qu’elle tentait de le repousser. Elle raconte qu’elle ne maîtrise alors plus la situation, tandis qu’il la déshabille sans son accord. Elle dit « n’avoir aucune prise sur ce qu’il se passe ». Audrey décrit ensuite un rapport « horrible, froid », avant qu’il ne parte en la traitant de « pute » et en claquant la porte. À ce jour, Audrey ne veut pas porter plainte : « S’il n’était pas connu, je serais sûrement allée voir la police ».
Malgré le classement sans suite de plusieurs plaintes en janvier, une nouvelle procédure a été engagée au mois d’août, relançant l’affaire. Miranda Starcevic et Marie se sont en effet constituées parties civiles.
*Prénoms modifiés par Libération.












